L’ESL est heureuse d’accueillir Emmanuelle Mourareau, autrice de L’esprit de Rome, pour une rencontre inédite. gg
Il ne reste aujourd’hui pratiquement plus aucun témoin de la première génération de fonctionnaires à avoir rejoint le projet européen à ses débuts. Avec eux disparaît un pan de l’histoire de la construction européenne, dont il me semble important de garder trace.
L’Esprit de Rome est un plongeon dans les vies de ces anonymes qui ont fait l’Europe de l’intérieur, les chevilles ouvrières de la construction européenne qui ont rejoint le projet à ses débuts autant dans leurs pas que dans ceux des pères fondateurs. Trente-six récits tissent ici l’histoire intime du grand projet européen et dressent le portrait d’une Europe du quotidien, vécue et portée par la population. L’ambition est ainsi de ré-enchanter, en l’humanisant, une Europe qui suscite les plus importantes hontes mémorielles de notre siècle. On pourrait paraphraser Paul Ricœur, que l’histoire de ces femmes et ces hommes permet de mettre à nu l’identité d’une contrée. L’intention est d’animer les débats et expériences multiples qui réécrivent aujourd’hui la mémoire de la construction européenne.
L’Esprit de Rome est aussi un récit au présent à partir de la mémoire d’une espérance, plus que jamais menacée, née il y a bientôt soixante-dix ans, le 25 mars 1957 à Rome.
À titre d’exemple, on découvre dans le livre les destins de Madame Renée van Hoof Hafeerkamp qui avait appris à vivre dans un camp de concentration grâce à la résistance belge et devint la première femme directeur général de l’histoire des institutions européennes. Suivent ceux de Lea Gattwey Franco rescapée d’Auschwitz-Birkenau qui fut secrétariat générale adjointe à la Commission européenne, d’Annelies Wiersma qui passa son enfance à se cacher pendant la guerre ; de Hanna Kammekel-Sermuth qui échappa à la rafle du « Vél d’hiv » à onze ans et de la père de laquelle fut assassiné à Auschwitz-Birkenau, de Aristeu de Medeiros-Sa de Moraes, pionnier portugais attaché à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs ; Pierre Oschinsky rescapé de l’Holocauste, de Chabrol Majdaneck avec dire qu’à la traduction de la première convention européenne de l’eurogal à, envoyé à l’âge de dix ans à la Napola, internat pour l’élite du régime nazi, qui sut mettre toute son érudition au service du Parlement européen où il enseignera le droit européen jusqu’à sa retraite, enfin du premier représentant musulman élu dans un pays européen à siéger au sein de l’Union européenne…
Au total, trente-six récits qui retracent le destin de femmes et d’hommes ordinaires qui incarnent le projet européen et lui donnent visage humain.
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